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18.11.13

La meilleure blague du monde


J'avais décidé de quitter une fille.  C'était la première fois que je faisais ça, et je ne savais pas du tout comment m'y prendre.

Je ne pouvais pas lui donner les vraies raisons parce que je ne voulais pas lui faire de peine.

Pour faire passer la pilule, j'ai préféré lui révéler mes failles les plus profondes.  Des choses dont je n'avais jamais parlé à personne.

Elle serait rebutée et me laisserait partir sans regret.  Ce truc de lâche marcherait à tous les coups.

Break-up pill


Elle a été la première personne au monde devant laquelle j'ai retiré le masque.  Elle n'a pas seulement écouté comme personne ne l'avait fait auparavant: elle a compris.

Il est impossible de quitter la seule personne sur Terre qui vous connaisse vraiment.  On est donc resté ensemble avant de se séparer quelques mois plus tard, sur un coup de tête.

Aujourd'hui, je ne peux pas m'empêcher d'en rire.

Quand j'ai quitté mon travail, quelques années plus tard, je n'avais pas la moindre idée de quoi faire de ma vie.

J'écrivais des dizaines d'idées de business tous les jours, dans de petits carnets illisibles parce que ma main tremblait d'angoisse.

C'était l'été et il faisait beau dehors.  Je regardais par la fenêtre la pelouse inondée de soleil, en me remémorant les étés de mon enfance.

Jouer dans les vagues tout l'après-midi, sans le moindre soucis à l'horizon.  Espionner avec mon copain Sébastien les ados qui allaient se tripoter dans les dunes.  La peau salée qui gratte sous le t-shirt et les premiers bisous sur la bouche.

Mais aujourd'hui j'étais seul à mon petit bureau, à me creuser la tête pour trouver quoi faire de ma vie.  Bien après l'heure.  J'étais rongé par la tristesse et l'angoisse, mais bizarrement convaincu que je finirai par créer quelques chose dont je serai fier.

Aucune de ces idées n'a dépassé le stade de mes ratures.  Elles ont toutes été effacées sous les flots de ma dépression.

Cette période n'aura pas été très marrante, mais le fait que je pensais pouvoir accomplir quoi que ce soit dans un tel état est vraiment à mourir de rire.



En voici une autre pas mal non-plus:

C'était aussi à Paris et je sortais avec deux filles craquantes.  En quelque sorte, la version française de ce que j'ai vécu par la suite à New York.  Elles ignoraient l'existence l'une de l'autre et il fallait faire un choix.

Aussi adorable soit-elle, je ne supportais plus les crises à répétition de la première.  On n'arrêtait pas de s'engueuler.  Tout le temps.  Mais je me suis dit que ça valait quand même le coup d'essayer.

J'ai donc quitté la seconde pour me donner une chance avec la première.

On s'est promis de faire un effort.  Le lendemain, malgré toutes nos bonnes intentions, elle m'a tapé une crise comme jamais, pour une broutille.

Tout, de son regard, de son attitude, au son de sa voix, criait l'évidence: ça ne s'arrangerait jamais.  On ne comprend pas toujours aussi vite qu'on le voudrait, qu'est-ce que vous voulez.

Je l'ai ainsi quittée à son tour pour me remettre avec la seconde.  Au début tout se passe à merveille.  Mais une semaine plus tard, patatra, je la surprends en train de batifoler avec un inconnu au comptoir du bar où on avait rendez-vous.  Mademoiselle avait "un coup de trop dans le nez".

Peu importe ce que je fais à côté, j'ai horreur de ça.  On a au moins le goût de rester discret.  Et je n'avais pas trop envie de passer les soirées de ses sorties à me demander qui était l'heureux élu du jour.

J'ai donc rompu avec la seconde pour me re-remettre avec la première.  Mais celle-ci ne voulant plus de moi, celui qui avait eu à choisir entre deux filles somptueuses s'est retrouvé tout seul.

Je viens d'écrire ces lignes avec un petit pincement au cœur et un sourire aux lèvres.  Parce que quand on y pense un peu, toute cette histoire est vraiment à se tordre de rire.


Naître est la seule chose sérieuse que je n'ai jamais faite.  Après, on essaye de survivre.  On pleure, on rit, on recherche des plaisirs et on se fait des frayeurs.  De temps en temps, on réfléchit un peu aussi, pour essayer de comprendre La Grande Blague.

Tout finit par devenir très drôle si on ne se prend pas trop au sérieux.  Si on ne prend pas la vie trop au sérieux.  Parce que la vie est une farce, et que nous en sommes tous les protagonistes.

J'essaye constamment de comprendre l'humour des choses qui m'entourent.  C'est important, parce que si on ne saisit pas la farce, c'est sûrement qu'on en est le dindon.


Everybody Knows You Cried Last Night by The Fratellis on Grooveshark
"Well that's what you get 
Oh don't get upset 
Ridiculous you 
Waiting in the queue oh whoopee doo"


2 commentaires:

  1. salut, je suis tombé sur ton blog par hasard et je dois dire qu'il m'intrigue un peu, voila je souhaiterais partir à New York mais bizaremment je n'arrive pas à me lancer et je vois que tu y es et tout à l'air si simple pour toi pourrais tu me faire part de ton histoire par rapport à ton départ pour la ville ?

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    1. Salut, si la lecture de ce blog t'as donné l'impression que c'était facile, j'en suis désolé. Ce n'est pas vrai. Mais je crois que New York me donne la volonté de tout faire pour y rester et y réussir. Cette ville inspire. C'est sûrement pour ça que d'autres que moi, par millions, y ont émigré et ont fait en sorte d'y rester.

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