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15.11.19

Presque 3 ans putain


Salut.

L'avant-dernier article date d'il y a presque 3 ans.

3 ans!!

Je m'en souviens bien.

Je sortais du métro à Midtown et il pleuvait. Une fin de matinée grisailleuse. En marchant sous la pluie, je me demandais à quoi ressemblerait un article qui résumerait tout.

Alors je me suis installé dans le lobby de l'Ace Hotel pour taper. Pour tenter de résumer ma vie jusqu'ici.

Alors peut-être qu'il est temps de refaire pareil. Mais pour ces 3 dernières années cette fois.

Parce qu'en 3 ans pas mal de choses ont changé vous savez.

Déjà je me suis marié. Au début, c'était sympa. Et puis après un temps plus tellement. Ah, et j'ai quitté New York aussi. On y reviendra.



Mais il y a déjà eu ces moments qui font qu'on se sent en vie.

Mon pote qui m'a rendu visite deux fois de Paris.

Les couchers de Soleil dans mon endroit splendide. Les traversées de Central Park en Citibike bourré au milieu de la nuit. Les longues ballades autour du Reservoir.

La pute super jolie que j'ai baisée super stressé à Paris aussi.

Je sais pas pourquoi. J'étais juste à Paris pour visiter, aucune raison de stresser. Mais ce jour-là j'étais stressé. Ejaculation express. 2 minutes. Vous y croyez?

Moi, l'Olympien du Sexe. Le Zinedine Zidane de la quequette. Le Mike Tyson de la levrette. Après elle m'a dit "T'as un style spécial quand même". Elle m'a tué. J'aurais du me sentir humilié, je sais, mais j'ai pas pu m'empêcher de rigoler. "Mais pourquoi tu ris?".

La baise crispée c'est pas mon fort qu'est-ce que vous voulez. A 21 ans une copine avait voulu que je la prenne dans le placard. Avec ses parents juste à côté. Sans verrou à la porte. J'étais pas très à l'aise, j'aimais bien son père. 20 secondes.

Olga aussi. Une Russe qui était assis à la terrasse du Hibou en Juin de l'année dernière.

Je m'installe à côté d'elle. Elle devait repartir de Paris le lendemain. Moi aussi. Elle parle super bien Français. On a une conversation agréable, c'était une fin de journée charmante à Saint-Germain-des-Prés.

J'ai du lui déchirer le jean pour pouvoir la doigter. En échange, elle m'a taillé une pipe, de loin la pire de toute ma vie. Elle m'a arraché la bite. Ca fait quand même plaisir.

Cette danoise assise le soir tard à une autre terrasse de Saint-Germain. J'en suis tombé amoureux en 10 minutes. Grande blonde fine aux yeux verts. CANON. Très gentille et beaucoup d'humour (comprenez: elle riait à mes blagues). On a une discussion amusante, parfois profonde, souvent flirty.

Et tout à coup il est 2 heures du matin. Entre deux verres de vin je lui propose des edibles preparés la veille. Elle me dit qu'elle n'en a pas pris depuis des années... et elle se laisse tenter.

Elle me prend la main sous la table. Je plonge dans ses grands yeux verts. Projection dans une autre dimension. Son visage m'invite. Elle seule existe.

Les edibles ont commencé à faire effet alors que nous traversions le Pont des Arts. C'est monté d'un coup. Mise sur orbite. Elle et moi. Elle avec moi. Nous flottions à travers le jardin des Tuileries et à travers le temps, connectés par nos deux cerveaux psychédéliques.

La princesse de Copenhague a glissé son bras sous le mien alors que nous longions l'enceinte du Louvre. Elle repartait tôt le lendemain, mais il nous restait quelques heures. Son Airbnb était tout en haut de la butte Montmartre. On a fait l'amour sous la lune et les étoiles. La ville illuminée s'étendait vers l'infini, comme un océan.

C'était une nuit magique. Je repense encore souvent à elle.

Ca me fait réaliser que ma vie sexuelle réside désormais à Paris, bien que je n'y passe que quelques semaines par an. C'est parce que celle avec qui je me suis marié n'y vient jamais. Je trépigne d'impatience d'y revenir fin Décembre (ufany.blog@gmail.com).

Bon. Maintenant vues de haut, Danoises et arracheuses de bites mises à part, ces 3 années auront été celles d'une longue chute, et puis d'une lente remontée.

D'abord la chute.

Il y a 3 ans j'ai arrêté ce business que j'étais venu lancer à New York. Je pense avoir craqué.

Je travaillais beaucoup, sans savoir où j'allais. J'étais paumé. 





Une angoisse permanente au fond du ventre. Un truc pas vraiment clair. Logé tout au fond, depuis très longtemps. Un truc auquel je n'avais jamais eu accès et qui devenait incontrolable.

Il était devenu impossible de me concentrer.

Alors j'ai arreté.

Et je me suis mis à chercher un travail. Pour la premiere fois depuis la fin de mes études.

J'avais pas eu de boss depuis mon premier taff vous savez. On perd l'habitude. J'ai tenu 8 mois.

Au début, un certain entrain m'animait. Je m'étais fait à l'idée de devoir bosser pour quelqu'un. J'avais plus vraiment le choix. En attendant le métro pour ma premiere journée, une petite voix me répetait "This is me. Taking my life back".

Principal souvenir de cette parenthese enchantée: le chien du boss qui se baladait dans le bureau avec la trique en permanence. Une trique de iench. Un zizi tout rouge et juteux. 

Personne ne semblait remarquer. Le boss soulevait son chien dans la salle de réunion pour le mettre sur ses genoux. Le chien bandait. Le chien bandait toujours très dur. Ca mettait une certaine ambiance. De la gaieté, muette.

Apres 6 mois à regarder la bite du Pug j'ai commencé à chercher un autre travail. J'ai trouvé assez vite. Cette fois, j'ai tenu 3 mois. Voilà pour mon retour en fanfare dans la force de travail. Je ne suis pas un très bon employé.

Quelques mois ont passé, et j'ai perdu mon appartement avec une vue d'enculé sur Central Park: 


Je me suis marié aussi. C'est pas terrible. Peut-être l'objet d'un autre post. 

Et puis j'ai voulu me relancer. Interrompre la chute. Repartir du bon pied. Lancer une nouvelle boite.

Mais il y avait toujours ce truc enfoui. Ce truc qui se manifestait dès que je tentais de faire quoi que ce soit. Cette espèce de peur latente quand je me mettais derrière le clavier. Le sentiment de ne pas être à la hauteur. D'être un imposteur. Et l'angoisse que par l'action, mon imposture soit révélée. 

J'y ai toujours remedié par une combinaison de procrastination et de masturbation. C'est pas très productif.

Ce truc enfoui continuait de tirer les ficelles de mon esprit. Il me tenait pieds et poings liés depuis la cave de mon cerveau. Depuis les entrailles de mon inconscient. Il controlait mes actions et mes pensées, inhibait ma capacité à aimer et à créer

Sans que je sache vraiment pourquoi. Et peu importe mon désir de voir les choses changer, ce truc me suivait à travers les années. 

A peut-être 17 ans ou 18 ans par exemple, je m'étais promis, en m'enfoncant dans les entrailles du grand parc, de n'en ressortir qu'après avoir compris ce qui ne tournait pas rond chez moi. Je pensais encore que si je comprenais, alors tout rentrerait dans l'ordre. 20 ans après j'ai toujours rien compris. 

Mais j'ai commencé à entrevoir une porte de sortie. En jouant cartes sur table. En étant honnête avec moi-même.

La vérité, c'est que je n'avais jamais rien compris à ce qui m'arrivait.

Et ma seule certitude, c'était que ma façon d'opérer ne marchait pas. La façon dont je me comportais avec les autres et avec moi-même ne m'avait mené nulle part. Si j'avais été une toute autre personne tout le long, une autre version de moi-même, les choses auraient été meilleures.

C'est en me disant cela, en marchant à travers les rues de l'Upper West Side, que j'ai ressenti un sentiment de liberté immense.

Parce que j'étais libre d'essayer quoi que ce soit. Rien ne me retenait. 

Celui que j'avais été jusqu'à présent était une impasse. Il fallait que j'essaye quelque chose d'autre, n'importe quoi d'autre, et il fallait que le changement soit radical. C'était la seule contrainte.

Alors c'est ce que j'ai fait. J'ai essayé quelque chose de complètement différent. Un truc radical. Et lentement, j'ai entamé ma remontée.

Je vous en dirai plus au prochain post. Mais pas dans 3 ans cette fois! Promis.

Ah oui. Et comme je vous l'ai dit j'ai dû partir de New York aussi. Ca c'était en Mai dernier. Je vous raconterai tout. 

Ca fait plaisir de vous retrouver.






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