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8.11.16

Voter Républicain


Donc demain matin vous vous réveillerez en apprenant qui sera le prochain Président des Stazounis.

Moi aussi je ne l'apprendrai que demain matin pour tout vous dire. Comptez pas sur moi pour rester sobre ou même éveillé pour assister au Cataclysme Mondial ou au Grand Soulagement.

Non merci. Je vais bouffer un Xanax autour de 21h et apprendre la nouvelle en me réveillant 12 heures plus tard. Une fois que l'essentiel de la tempête sera passé.

Mais en suivant cette élection et toutes les autres, on arrive forcément à s'interroger devant cette fameuse carte électorale.



C'est frappant. L'essentiel du territoire est tout rouge et vote Républicain. Seuls les quelques Etats surpeuplés du littoral, genre Californie Washington ou New York, sont à majorité Démocrate.

Alors se pose la question. Pourquoi ces "Flyover States" comme on les appelle, c'est-à-dire ces États qu'on se contente de survoler en avion, votent-ils tous Républicains? Pourquoi ces États ruraux, essentiellement pauvres, accordent-ils des majorités si écrasantes aux conservateurs?

En tant que Français ça a de quoi surprendre. On se dit Républicains = peu de dépenses publiques = pas bon pour les pauvres = les paysans crèvent la dalle et meurent en travers des chemins.

Et Démocrates = grosses dépenses publiques = écoles + sécu + aides aux plus pauvres = bon pour les pauvres = bon pour les paysans.

Sauf que les States c'est pas la France. Et si on comprend un tout petit peu ce pays, le fait que les États ruraux soient essentiellement conservateurs ne surprend pas tant que ça.

En fait la distinction qui fait sens n'est pas pauvres vs. riches (comme en France). La vraie distinction, c'est: individualisme rural vs. collectivisme urbain.

Quand vous vivez dans une grande ville, vous avez forcément un "sens de la communauté" plus aiguisé.

Vous voyez la pauvreté dans la rue. Vous bossez tout en sachant que vous pouvez perdre votre taff le lendemain. Vos enfants vont à l'école du coin, jusqu'à ce que vous ne déménagiez et qu'ils aillent dans une autre école. Etc.

En un mot vous êtes totalement intégré au système. Vous dépendez du système. Pour assurer ne serait-ce que la survie des plus pauvres et éviter qu'ils ne tentent d'égorger vos fils et vos compagnes. Ou, le cas échéant, que la police se charge de vous protéger.

Vous dépendez du système pour garantir le maintien de votre train de vie si vous perdez votre job. Ou si vous tombez malade. Etc.

A la campagne c'est différent. Dans le Kansas ou l'Alabama ou le Montana on se fout complètement de tout ça.

On est "self-sufficient". Pour faire simple, on laboure sa terre aujourd'hui comme on l'a fait hier et comme on le fera demain. On envoie ses enfants à l'école du coin. Et si quelqu'un s'introduit chez vous vous lui collez une balle dans le pruneau et le problème est reglé.

Bref, vous vous démerdez. La vie est moins incertaine, vous dépendez surtout de vous-mêmes et vous n'attendez rien de personne. Et surtout pas d'un Etat fédéral qui va vous dicter sa loi en s'immisçant dans la façon dont vous vivez votre vie.

Ce qu'on attend de l'Etat à la campagne, c'est avant tout qu'il vous foute la paix.

Qu'il vous force à payer le moins d'impôt possible. Qu'il s'interpose le moins possible, et en particulier qu'il ne s'oppose pas au droit de vous défendre avec votre 460 Magnum. Parce que tout ce qu'on peut en attendre de l'Etat, à la campagne, c'est des emmerdes. Et des limites imposées aux libertés.

Si vous ajoutez à ça la question des valeurs, souvent religieuses, il devient difficile d'imaginer ces "Flyover States" voter autrement que conservateur.  

Et très sincèrement, si j'avais grandi dans les champs et que je bossais en salopette, je voterais sûrement moi-aussi Républicain.

Pas forcément clown-Républicain-orange-à-perruque.

Mais Républicain quand même.


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31.10.16

Jouer à poil dans l'Océan


Il est un endroit en France que j'ai connu toute ma vie. J'y ai passé chaque été de mon enfance. Et j'y retourne dès que j'en ai l'occasion.



Cet endroit est le plus beau que je connaisse. La nature y est vierge et puissante. Les rouleaux de l'Atlantique s'y fracassent sur des kilomètres de plages abandonnées. Et quand la marée se retire, l'espace s'étend à l'infini. Tout le paysage se pare d'une splendeur qui hypnotise. On peut y jouer à poil dans les vagues, sans jamais y croiser personne.

Au coucher du soleil le ciel devient rouge écarlate. Il se reflète dans l'eau devenue lisse comme un miroir. Tout l'espace se charge d'une chaleur dont s'évapore le passé et l’avenir, pour laisser toute sa place à l'infini de l'instant présent.

Une fois couché, le soleil fait place à des nuits tellement claires qu'il suffit de lever les yeux pour se retrouver projeté dans le cosmos.

C'est un sentiment de grandeur dans la splendeur. Plongée dans la contemplation d’un bonheur serein.

Alors forcément je suis resté un habitué. Cet endroit m'a vu revenir chaque année, un peu changé, depuis toujours.

J'y ai barboté dans l'Océan avec des brassards bleus et blancs. C'est là que j'ai appris à nager. Puis à faire du bodyboard. J'ai failli m'y noyer au moins trois fois.

Ma grand-mère nous emmenait passer tous les après-midis à l'Océan. Après elle nous payait des crêpes au Nutella qu’on dévorait sur la jetée. Je me souviens du sel de mer et du sable qui nous collaient à la peau jusqu'au soir.

J'avais mes copains du coin. Ceux avec qui je suivais les ados qui allaient se tripoter dans les dunes. Et puis, au fur et à mesure, on est devenu ces ados qui allaient tripoter des filles dans les dunes.

Vers 18 ans j'ai commencé à y aller avec mes potes de Paris plutôt qu'avec ma famille. On y fumait des pétards sur le chemin de la plage. On se bourrait la gueule le soir dans les bars du coin.

Et puis en grandissant j'y ai emmené toutes mes copines un peu "sérieuses". Pas une avec qui je n'ai pas niqué en plein air sous le soleil. Sur la plage ou dans les dunes ou le jardin ou dans les bois. Citez-moi un seul plaisir supérieur à ça.

Cet endroit m'a offert des moments qui sont parmi les plus heureux de ma vie vous savez. Mais il m'a vu malheureux, aussi, au fil des années.

Il m'a suivi quand j'allais me réfugier dans les bois pour pleurer derrière la maison quand j'entendais, petit, mes parents se déchirer.

Il m'a vu rongé par la tristesse de grandir dans une famille déprimée. Il a assisté à mon enfance baignée dans l'angoisse noire de mes parents. Et il a observé cette angoisse, petit à petit, devenir la mienne.

Cet endroit m'a vu revenir chaque année, et chaque année il a constaté ma difficulté à avancer. Il a vu se creuser un fossé de plus en plus difficile à traverser.

Et puis il a entrepris de m'aider.

En me montrant à quoi ressemblait le bonheur. En me prouvant que le bonheur était accessible et simple. Réèl et palpable. Parce qu'il suffit d'y respirer et d'ouvrir les yeux pour se sentir profondément heureux.

Il suffit d'y exister pour se mettre à l'abri de la tristesse et des angoisses et des emmerdes. Poisons qui obscurcissent le jugement. Illusions qui prennent les allures de la réalité. Vagues souvenirs, soudain devenus lointains et sans goût au milieu de tant de beauté.

Mais surtout cet endroit m'a assuré que quels que soient mes errements, il existera toujours en ce monde une place pour moi.

Parce que s'il m'a vu revenir chaque année un peu différent, lui n'a jamais changé.

Le même soleil s'y lève chaque matin. Il y projette ses mêmes rayons entre les mêmes pins. La marée s'en va et revient deux fois par jour, depuis toujours. Les dunes y sont toujours caressées par le vent. L'oyat s'y courbe de la même façon. Comme c'est le cas en ce moment. Comme ça s'est passé ce matin. Et comme ça se passera demain matin.

Au fil des années cet endroit est devenu mon ancrage. La fondation de mon âme. Celui qui me permet d'avancer sans angoisse. De poursuivre mes aventures, en les considérant comme un bonus. Parce que je sais qu'il existera toujours un endroit sur lequel me replier. Un paradis secret, dans lequel je pourrai toujours me retrouver. Un bonheur simple et authentique sur lequel je sais pouvoir compter.

J’y retourne pour observer ma vie avec la sincérité de la distance. J'y examine mes priorités et mes projets avec l'esprit clair. J'y puise toutes mes forces.

Et quand je regarde le phare s'éloigner pour une autre année, c'est toujours avec une légère peine mêlée à l'excitation de mes prochaines aventures.

Et quand ça va pas trop parmi les tours de bétons, je ferme les yeux pour me retrouver sur le haut de ma dune. Transporté dans le rouge du soleil qui se couche sur l'océan. Et je respire un grand coup d'air iodé. Et je retrouve cette sérénité. Pour me rappeler combien le bonheur est quelque chose de simple et d'évident, qu'on a trop souvent la faiblesse de se compliquer.



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22.9.16

Vaincu par la dentelle



Ce qui rend la vie sympa à New York : la ville est tellement dense qu'on y voit toujours des trucs inouïs. L'extraordinaire y est ordinaire.


Et ça va dans les deux sens. Dans le bon comme dans le mauvais. Ou plus exactement, dans le très mauvais comme dans le très bon.





J'ai vu des héroïnomanes en manque chier leur diarrhée infâme entre deux voitures. Des types fumer leur crack peinards dans le métro. Des cyclistes se faire éclater par des camions qui allaient beaucoup trop vite pour leur laisser la moindre chance.


Mais souvent aussi on témoigne de choses fabuleuses. Et les plus fabuleuses de toutes, ce sont les filles qui de temps en temps bénissent de leur déhanchement certains trottoirs de cette ville.


Au début de cet été par exemple. J'étais tranquillement assis dans Union Square Park quand une fille s'est mise à déambuler la poitrine à l'air. Deux seins considérables, parfaitement formés, qui se balançaient en plein soleil, au rythme de ses pas.


Fantastique.


Mais c'était rien comparé à aujourd'hui.


Aujourd'hui, j'ai aperçu la fille la plus extraordinaire de tout l'été. La fille la plus incroyable que j'ai vue à New York en fait. Peut-être même de ma vie entière. Je dois vous en parler.


Il faisait très chaud aujourd'hui. Grand soleil. Au moins trente degrés. Je sortais à peine de mon bureau pour aller chercher mon déjeuner quand cette fille m'est passée sous le nez.


Brune, assez grande, une vingtaine d'années. Fine et bronzée. Un canon, mais comme on en croise somme toute assez souvent.


C'est sa tenue qui m'a interpellée.


Elle portait une petite robe en dentelle noire. Sexy, mais à priori rien de bien spécial non-plus. Au premier regard en tout cas on ne remarquait rien. Mais en s'y intéressant d'un peu plus près on se rendait compte que sous sa robe en dentelle noire, cette fille ne portait rien. Strictement rien. Elle était totalement nue.

On voyait la peau de tout son corps derrière son tissu de dentelle noire. Le haut de son dos. Le creux de ses reins. La raie de ses fesses. Ce cul parfait. Et sa petite touffe dans le creux du haut de ses jambes. C'était extraordinaire. Foudroyant. J'étais hypnotisé.


Sans même m'en rendre compte je me suis mis à la suivre. Mon regard ne pouvait se détacher de ses fesses complètement nues. Il ne manquait rien de leur mouvement. Et cette petite touffe qu'on distinguait clairement, si on y regardait bien, juste sous ses fesses, dans le creux du haut de ses jambes.. J’allais mourrir.


Je l'avais maintenant suivie sur une dizaine de blocs et mon coeur battait à fond. J'essayais de retrouver mes esprits. Pour me figurer quoi faire.


Mon premier instinct : trouver un moyen de lui adresser la parole. Une approche. Quelque chose à lui dire. J'étais tellement attiré. Je devais lui parler.


Mais j'en étais incapable. Je ne pouvais tout simplement pas. Mon coeur battait beaucoup trop vite. Ma bite était trop dure. Et elle était tellement nue, comme ça en pleine rue... J'étais incapable de lui adresser la parole. A elle ou a qui que ce soit d'autre. Impossible. On sait bien que le sang d'un homme irrigue soit son cerveau ou soit sa bite. Il n'en restait pas une goutte pour mon cerveau.


Ses fesses complètement nues sous son tissu de dentelle étaient sublimes. Mon esprit était assailli par des avalanches de désir. Perdu dans le brouillard d'une excitation extrême. En ce moment précis, cette fille aurait pu exiger n'importe quoi de moi. J'aurais renoncé à tout ce que je connaissais pour glisser ma main entre ses jambes. J'aurais tué pour l'effleurer.

Et puis mon deuxième instinct a surgi.


J'étais beaucoup trop excité. Mes yeux enregistraient toujours les merveilles qui lui étaient offertes, et mon cerveau m'implorait de m'occuper de la situation. D’une manière plus réaliste. Et solitaire.


Mon deuxième instinct était de me demander où aller me réfugier pour résoudre cette situation.


Et tout à coup elle s'est arrêtée de marcher. Pour embrasser la copine qu'elle venait de retrouver. Et quand elle s'est retournée ses deux seins m'ont sauté dans le champs de vision. Leur forme était parfaite, eux-aussi. Cette fille était sublime. Et si subtilement nue, comme ça en pleine rue... Ses deux tétons pointaient délicatement entre la dentelle. Mon coeur battait à un rythme infernal. J’allais mourir une deuxième fois.


Je suis vite rentré au bureau. Me suis enfermé à l'abri du regard des autres. Soulager ces déferlantes de désir. Anéanti par tant de beauté. Vaincu par la dentelle. Et j’ai fait ce qui était en mon pouvoir. Ce qui était de mon devoir. Presque comme un hommage. Avant de vous raconter cette brève aventure, la tête maintenant un petit peu apaisée.



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13.9.16

Au bout du tunnel


Il a été démontré qu'une foule avait l'âge mental d'un enfant de 5 ans.

Alors forcément, ce que "tout le monde pense" ne correspond pas toujours à la vérité. C'est même rarement le cas.



Mais quand le regard des autres se pose sur nous, c'est souvent pour nous révéler notre propre vérité. Pour mettre au jour ce qu'on prend parfois tant de mal à se cacher sur nous-mêmes.

Alors quand on refuse d'accepter notre propre réalité, souvent on se coupe des autres. Justement pour éviter d'y être confronté.

Le regard d'autrui est un miroir dans lequel on refuse de se regarder. On se retranche du monde pour fuir sa propre image.

La fracture qui existe tout au fond de nous-mêmes devient alors aussi une fracture entre nous et le monde.

Et on s'isole. Et très vite on n'a plus prise sur rien. On est déconnecté de tout. On s'enfonce sous terre. Il devient de plus en plus difficile de respirer.

C'est alors qu'il faut prendre une minute et respirer. Etre honnête avec soi-même. Se regarder bien en face, et se détendre un peu. Arrêter de tout prendre tellement au sérieux.

L'essentiel est d'ouvrir les yeux. Et de prendre conscience que ce qu'on voit dans le miroir, ce n'est que le point de départ à ce que l'on deviendra demain.

Ce n'est pas parce qu'il fait sombre qu'on est sous la terre.

Souvent, c'est juste qu'on a oublié d'allumer la lumière.




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22.8.16

Parce que c'est comme ça


On se moque souvent des gosses qui posent une question et enchaînent sur 15 "Pourquoi?".

Mais on essaye d'être patient. On tient bon. Parce qu'ils sont mignons. Et puis on fini par en avoir assez. Alors on met court à leur questionnement avec le fameux "Parce que c'est comme ça".

"Prends ton parapluie" "Pourquoi?" "Parce qu'il va pleuvoir" "Pourquoi?" "Parce qu'il y a des gros nuages" "Pourquoi?"

"Parce que c'est comme ça"



Le truc qu'on ne réalise pas toujours c'est qu'en enchaînant les "Pourquoi?" le gosse essaye de comprendre le monde qui l'entoure. Il cherche à le déconstruire pour en découvrir le fonctionnement. Pour s'en faire une idée claire.

Et quand on lui répond "Parce que c'est comme ça" on impose un plafond à sa compréhension. On définit les limites d'un monde qui le dépasse. Un monde qu'il doit accepter comme tel. Sans plus chercher à comprendre. Ici résident les limites de sa conscience.

Le truc c'est que le "Parce que c'est comme ça" ne se limite pas à l'enfance. On grandit avec. On le garde en nous. On accepte que certaines choses sont comme elles sont, qu'on ne peut rien y faire, et que les remettre en question est au mieux inutile. Dangereux au pire.

Alors combien de nos soit-disant convictions ne sont que des idées qu'on se contente de répéter?

Combien de nos grandes décisions n'ont pas grand chose à voir avec ce que l'on veut vraiment, tout au fond?

Combien de nos buts ne sont pas les nôtres?

Combien de nos rêves appartiennent à d'autres?

Ce que l'on désire le plus est souvent la manifestation de l'influence de notre entourage. De nos parents. De nos amis. Du regard invisible de la société.

Et pourquoi laisse-t-on ces éléments étrangers donner une direction à nos vies? Parce qu'on a renoncé à essayer de comprendre. A dénicher au plus profond de nous-mêmes ce que l'on veut vraiment. Parce que c'est comme ça.

Et c'est aussi comme ça qu'on en arrive à vivre des vies qui ne sont pas les nôtres.

Il faut dire que le "Parce que c'est comme ça" est profondément ancré dans notre ADN. Pas facile de s'en défaire. Parce que c'est ainsi que fonctionnaient les sociétés tribales qu'ont connues les humains pendant les premiers 99.9% de leur histoire.

"Le lion tu dois en avoir peur". Pas besoin d'aller vérifier en te faisant arracher un bras. C'est comme ça.

"Si tu niques cette fille sous la hutte neuf mois plus tard elle aura un enfant. Pourquoi? Parce que c'est comme ça".

Pas besoin de chercher à comprendre ce que l'on sait déjà.

Et ça marchait très bien dans le monde restreint des premiers humains. Dans ces sociétés tribales aux vérités immuables.

Mais on a quitté la savane. Le monde d'aujourd'hui est différent.

Ouvert. Ultra-connecté. Il regorge de possibilités. Nous pouvons vivre nos propres vies, et personne ne sait mieux que nous à quoi elles peuvent ressembler.

Les vérités d'hier sont les aberrations d'aujourd'hui. Elles ne sont plus immuables, parce que le monde évolue à la vitesse de la lumiere. Personne ne savait hier quelles seraient les opportunités d'aujourd'hui. Et personne ne sait vraiment quelles seront celles de demain. Vous pas plus qu'un autre. Et un autre pas plus que vous.

C'est comme ça que le "Parce que c'est comme ça" est devenu un frein à nos vies. Le cadre fallacieux de notre représentation du monde. Les limites artificielles imposées à nos possibilités.

Et nous devons nous en défaire pour prendre notre pleine mesure.

Mais comment?

En commençant par être honnête avec nous-même.

Il nous faut déconstruire nos désirs et nos idées pour en faire surgir les "principes premiers". Pour en extraire ce qu'ils ont de plus fondamental.

Pour faire la part de ce qui nous est imposé par d'autres, et de ce qui compte vraiment. Et c'est pas facile de creuser tout au fond.

Alors qu'est-ce qui se cache tout au fond? Tu travailles 15 heures par jour sur ta startup. Ou tu te lèves tous les matins pour trier des factures. Mais pourquoi? Pourquoi, tout au fond, pourquoi?

Dans quelle mesure tu ne fais tout ça que parce que tu as peur de faire autre chose? Parce qu'on t'a dit d'avoir peur?

Dans quelle mesure tes désirs et tes idées t'appartiennent vraiment? Dans quelle mesure ils te permettent d'être heureux? Et dans quelle mesure ils ne sont que le dogme de tes proches? Ne font que parasiter ton existence?

Le monde est aujourd'hui rempli d'inconnues et de possibilités. Et c'est en raisonnant à partir de principes premiers qu'on peut en tirer toutes les opportunités.

En partant de ce que l'on sait être vrai (ce que l'on aime profondément faire, ce que l'on veut faire de nos vies, celui que l'on est vraiment, tout au fond), et (re-)construire notre vie à partir de là.

On pense souvent que notre conscience est tellement supérieure à celle des animaux qu'elle a cessé d'évoluer. Qu'elle a atteint une sorte d'apogée.

Mais ce n'est que le début. Notre conscience continuera de progresser avec la technologie.

Et cette nécessité d'une totale indépendance d'esprit et de raisonnement par "principes premiers" est une autre évolution de notre conscience.

Une autre façon de s'adapter à un monde nouveau, tellement riche en possibilités.

Alors posons-nous les bonnes questions. Et cessons n'en acceptons jamais les réponses toutes faites.


'Why must we stay
Where we don't belong?"
Eat the Meek - NOFX

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22.6.16

Je fais quoi ici?

C'est la question que se posent beaucoup d'immigrés.

A un moment on en arrive tous à se demander ce qu'on fout ici. Dans le pays qu'on s'est choisit. Et la réponse n'est pas aussi simple que ça. En tout cas pour moi elle ne l'est pas.



Il n'est jamais question de renier sa culture d'origine. C'est idiot. Un Anglais en Espagne restera un Anglais. Un Marocain en France restera un Marocain. Un Français à New York, un Français.

Mais parfois aussi notre culture d'origine nous retient. Elle peut nous empêcher de nous réinventer dans notre nouveau pays.

Arrive toujours le moment où il faut faire la part des choses. C'est le moment où on se demande ce que l'on fout ici.

Est-ce que je suis ici uniquement pour profiter des opportunités du pays? C'est-à-dire, sans laisser sa culture me déteindre dessus?

Ou au contraire suis-je ici pour m'inventer une toute nouvelle vie? Un nouvelle identité, même. En mettant mes origines et mon passé de côté, parce qu'ils en entravent le chemin?

La plupart des immigrés se situe quelque part entre les deux. Je me situe quelque part entre les deux. Mais où exactement? Il est temps de faire la part des choses.

Déjà je suis Français. En fait, je ne me suis jamais senti aussi Français.

En voici un exemple un peu embarrassant. La semaine dernière j'étais dans un bar à vin en quête de la prochaine poule. Et la chanson d'Alain Souchon s'est mise à jouer. Celle où il rencontre une femme, sur une plage, qui l'embrasse.

A un moment il dit "Des flonflons à la Française".

Je ne sais pas ce que c'est, des flonflons. Un mot tellement con que je ne le taperai même pas dans Google. Mais quand il a prononcé "à la française", sur cette mélodie tellement française, avec tant de poésie dans la voix, mon coeur s'est serré. J'ai un peu tremblé. Parce que d'un coup mon enfance m'a jailli au visage.

Jouer dans les vagues d'une large plage de la côte basque. Déguster une glace avec du sable séché sur les épaules et un goût de sel de mer dans la bouche. Ma grand-mère qui baisse son regard vers ma touffe de cheveux et me demande avec son accent parisien "Alors, elle est bonne ta glace?"

Je resterai toujours profondément français. Par ces souvenirs d'enfance. Ces souvenirs qui font vibrer les cordes du présent.

Et puis Alain Souchon quand même. Vous imaginez? C'est pas anodin. Mais en sortant de ce bar j'ai été encore un peu plus loin. J'ai mis mes écouteurs, et c'est Johnny qui s'est mis à gueuler alors que je descendais 6th Avenue.

Un type qui a toujours été pour moi la mascotte de la beauferie. Parce que je n'y connaissais rien. Certaines de ses paroles sont fabuleuses.

L'intelligence du double-sens qui court tout le long de "Que Je t'aime". La beauté de "Je te Promets". J'arrive pas vraiment à croire que je viens d'écrire ça. C'est le point auquel je suis cé-fran. Je me suis même mis à regarder Bernard Pivot sur Youtube récemment.

Enfin. Ça déprime quand même toutes ces chansons. Elles sont sombres. Tristes et molles. Mais c'est souvent comme ça, quand c'est français. Et c'est aussi pour ça que je me suis mis à les aimer. Parce qu'elles font vibrer cette corde tricolore qu'il m'aura fallu partir pour découvrir.

Et puis je suis Français aussi quand je regarde à travers les hautes fenêtres de Saint-Germain-des-Prés et que je réalise que j'ai beau vivre de l'autre côté de l'Atlantique, mon âme habite toujours derrière ces grandes fenêtres anciennes. Elle ne les a jamais vraiment quittées en fait. Pour mille raisons qui font que la France est la France et que moi je suis moi.

Mais en même temps la France, je l'ai pas quittée pour rien putain. Cette mentalité rétrograde qui pousse des centaines de milliers de gens à manifester contre une loi qui n'est jamais qu'un orteil dans le bon sens. Cette rigidité. Ce pessimisme généralisé. Cette incapacité à avancer. A vivre avec son temps. A aller de l'avant. C'est un truc qui m'a toujours énervé.

Et puis il y aussi ce mauvais esprit très français. Quand le pays va mal, comme en ce moment, on ne se serre pas les coudes comme partout ailleurs. On préfère se défouler sur les autres. On se fout tous sur la gueule dans une sorte de lâcheté agressive, en regardant nos problèmes s'aggraver comme une vache regarde les trains passer.




Et cette volonté de toujours chercher à impressionner... Et cette difficulté à communiquer... Tout ça est fatiguant. C'est aussi pour tout ça que je suis parti.

Aux States j'ai trouvé autre chose. Une culture qui a ces défauts, mais qui valorise aussi la liberté de penser. La diversité d'opinions. L'indépendance, d'esprit et matérielle. Qui pousse chacun à créer pour se réaliser. Qui ne fera jamais rien simplement pour vous décourager. Au contraire.

Alors je fais quoi ici? Ben je commence à y voir un peu plus clair.

Déjà je suis ici pour construire ce dont j'ai toujours rêvé. Pour créer. Parce que ça me fait bander. C'est en vivant ici que j'ai compris que ce qui rend un homme (une femme) vraiment heureux, c'est le fait de créer.

Mais je suis ici pour un peu plus que ça aussi.

Je me suis mis a vraiment aimer la culture US. La mentalité des Ricains. La vie ici. C'est fun. Cool. Excitant. Plus calme aussi, même à New York.

Et j'ai pris certains des bons côtés des Ricains. J'ai cessé de m'énerver pour un rien comme un Français. Même ma copine me l'a fait remarquer. Je suis plus posé. Plus raisonné. Un peu calmé.

Pourtant je resterai toujours étranger à certains aspects des US. Leurs problèmes sociaux par exemple. Le politiquement correct. La façon dont parlent certaines poules. Le fait que la moitié du pays s'apprête à voter pour un type dont même la coiffure est monstrueuse. Sûrement parce que c'est une culture dans laquelle je n'ai pas grandi.

Donc je suis ici pour créer. Et pour vivre ma vie dans un pays dont je partage beaucoup de valeurs. Un pays avec lequel je me sens en phase. Un peu comme un poisson dans l'eau. Un pays où la vie est excitante.

Mais au fond je suis surtout Français, et cette part de moi ne mourra jamais.

Se sentir transporté en pensant aux rues de Paris. Savoir ce que c'est que de croquer dans une Tropézienne devant la Méditerranée.

Se rendre compte que la tristesse peut être aussi belle que le Pont Marie un matin d'hiver gris. Une certaine mélancolie. Une sensibilité à fleur de peau. Un fond de sentiments très français.

Et puis comprendre aussi que le fromage, plus ça pue et plus c'est bon. Toutes ces choses que les Ricains ne soupçonnent pas.

Et l'écriture dans tout ça?

Ben c'est comme le reste. Pas facile de faire la part des choses.

L'anglais, c'est plus facile pour exprimer des idées. Pour avoir une réflexion claire, structurée, articulée. Ça marche mieux.

En français c’est moins facile.

Il suffit de regarder la télé et d'écouter les insupportables digressions de tous ceux qui ne cherchent qu’à impressionner pour s'en convaincre. Au final ils auront parlé pour ne rien dire. Parce que personne n'aura rien compris. Mais on se dira, dans le doute, qu'ils sont peut-être intelligents. Et ca leur suffit. Le language réinventé pour parader, plus que pour communiquer.

Par contre quand il s'agit d'exprimer des sentiments, le français est beaucoup plus percutant.

Mais peut-être que je pense ainsi parce que c'est ma langue natale. Que les mots résonnent en moi parce que je les ai toujours connus. Au contraire de l'anglais. Je sais pas. Mais le français, pour moi en tout cas, c'est mieux pour raconter des histoires.

Donc les histoires que je vais raconter, si je vais en raconter, ce sera sûrement en français.

Et puis de temps en temps je continuerai à venir ici aussi. Parce que vous êtes très sympas.



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24.5.16

Au revoir




Je n'écris plus ici autant qu'avant. Je vous dois une explication.

Ecrire sur UFANY m'a procuré beaucoup de plaisir. Ecrire ces lignes me procure beaucoup de plaisir. J'adore raconter ma vie ici. Me dévoiler complètement. Lire vos messages et commentaires.

Grâce à mon blog j'ai même fait des rencontres "IRL" vous savez. Des personnes intéressantes. Des aventures différentes. Des rencontres dont certaines se sont terminées sous la couette, aussi. Pas les moins agréables.

Enfin. J'adore écrire ici. Et je continuerai probablement à le faire. Mais moins souvent qu'avant. En tout cas pour le moment.

Il y a plusieurs raisons à ça.

La principale c'est qu'il y a un peu plus d'un an j'ai décidé de changer pas mal de choses dans ma vie. De tout changer, en fait. Ou presque. On peut en parler si vous voulez.

Mais l'essentiel est que j'essaye d'aller de l'avant. C'est un "work in progress" comme ils disent ici. Et écrire ici a tendance à me retenir dans le passé.

Parce que vous connaissez UFANY. Vous me connaissez, bien mieux que la plupart de ceux qui voient ma gueule tous les jours.

Et pour prendre un nouveau départ parfois on n'a pas d'autre choix que de brûler tous les ponts. D'abandonner tout ce qui compte dans votre vie, mais qui vous retient. Ce blog compte beaucoup dans ma vie. Mais il me retient aussi. Je dois me concentrer sur d'autres choses.

Alors je reviendrai quand je pourrai écrire ici sans avoir l'impression de m'ancrer à un endroit que j'essaye de quitter.

Il s'est aussi passé des choses dans ma vie qui m'ont changé. Je ne suis pas sûr de savoir quelles sont ces choses. Ni exactement comment elles m'ont changé. Mais je sais que je n'ai pas encore tout digéré. Je dois y réflechir en paix.

Je continuerai peut-être à écrire ici.

Mais moins souvent.

Alors merci d'avoir lu tous ces articles. Merci même si vous n'en avez lu qu'un. Même si c'est que celui-là. Merci d'avoir écouté ce que j'avais à raconter. On se connait bien vous et moi.

Vous me manquez. Je reviendrai.

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11.4.16

Evitons la zonzon


C'est pas marrant la zonzon. Le coup de la savonnette n'est pas un mythe.

En prison on passe l'essentiel de son temps à essayer de survivre aux autres. A éviter de se faire bouffer. Ou tuer ou violer ou massacrer.



Et pourtant.

Pourtant, la façon dont on y punit les détenus c'est en les séparant de tous les autres. En les mettant à l'isolement. C'est dire à quel point la solitude nous est insupportable.

C'est pareil pour les rats cocaïnés.

Toutes les expériences avec des rats et de la coke aboutissent à la même conclusion. Mettez des réserves illimitées de coke à disposition de rats en cage et ils se défoncent jusqu'à ce que ça les tue.

Sauf que dans toutes ces expériences le rat est seul dans une cage vide.

Mais si vous le mettez avec d'autres rats, et que vous leur donnez des roues et d'autres trucs pour qu'ils jouent ensemble, ils vont à peine toucher à la coke.

Ils y goûteront bien sûr. Se défonceront de temps en temps parce que c'est quand même sympathique. Mais pas du tout autant que le rat qui tourne (très vite) en rond, tout seul dans sa cage vide.

Parce qu'ils ont autre chose à foutre. Ils s'amusent. Ils sont entourés. Au contraire du rat esseulé.

C'est terrible, la solitude. On n'est pas programmé pour la supporter.

La solitude, ça vous bouffe de l'intérieur. Ca sape votre volonté. Vous enlève l'envie d'avancer. Vous cesseriez presque d'exister.

La solitude vous retire une partie de votre identité. Vous stagnez. Et votre potentiel s'évapore en fumée.

Alors ne restez pas trop seul. C'est un des pires trucs qui puissent nous arriver.

Et le truc des humains, c'est qu'on peut être seul même en étant très entouré. C'est le cas quand on refuse de partager. Quand on se referme sur soi-même. Parce qu'on a honte. Ou parce qu'on a peur. Ou que sais-je encore.

En particulier, on peut être seul dans une ville très peuplée.

Surtout dans une ville très peuplée. Ou dans des espaces virtuels trop encombrés.

On n'est pas fait pour gérer autant de monde. Notre cerveau n'a pas évolué pour être entouré de tant de personnes. C'est pas naturel.

Alors on élève des murs entre nous et les autres. On se construit des défenses. On se met a l'isolement.

Et on devient très seul.

Ne soyez pas trop seul.


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5.4.16

Ce qui attire les filles sublimes


Vous pensez qu'il faut attendre combien de temps avant de voir passer une fille vraiment baisable?

Et par "vraiment baisable" je veux dire "que vous emmèneriez au resto rien que pour tenter votre chance".


wayhot


On peut apprendre beaucoup d'un endroit avec cette information. Qu'il s'agisse d'un quartier, d'une ville ou d'un pays.

Alors combien?

Par exemple New York. Si vous passez dix minutes à Union Square Park vous en verrez une bonne vingtaine. C'est beaucoup.

Par contre si vous vous asseyez sur un banc de l'Upper West Side ce ne sera pas aussi glorieux. Peut-être une ou deux. Si vous avez de la chance.

Et il vous faudra marcher au moins 20 ans dans les rues de Bagneux pour voir apparaître la première poule potable. Probablement égarée. La pauvre.

C'est des petites expériences que je conduis vraiment vous savez. Généralement sans même y penser. Je bouffe ma salade au déjeuner et je me mets à compter.

Six que je niquerais bien. Tiens tiens. Et j'en suis même pas encore au dessert. Pas mal.

La densité en filles potables peut signifier plusieurs choses.

Déjà les jolies filles sont attirées par ce qui brille. C'est comme ça partout. Je ne vous apprends rien. C'est pour ça que les quartiers aisés sont plus joliment peuplés que les moins favorisés.

Mais ça suffit pas. L'argent ça suffit pas. Parce que ce qui attire le plus la beauté féminine, c'est le cool. Ce qui est hip. Plus que ce qui est chic.

C'est pour ça que l'Upper East Side ne regorge pas particulièrement de filles sublimes. Elles devraient être omniprésentes. Mais elles n'y sont que nombreuses. Parce que ce quartier est très riche mais aussi à mourir d'ennui.

La plupart des bombes y sont des filles du cru.


ues girl


Par contre des bombes atomiques viennent de tous les Etats-Unis pour vivre dans les quartiers les plus branchés de New York. Aux alentours de Union Square Park par exemple. Des quartiers souvent pas particulièrement riches. Mais tellement hips.

Elles s'y accrochent au bras de photographes ou de musiciens ou de peintres sans une thune. Mais ils sont cools. Ils se font inviter dans les expo les plus branchées de Soho. Chez des acteurs très connus. Et leurs vies ont le lustre d'un certain romantisme. Ca leur plaît. Surtout aux plus jolies.

Et puis c'est pas pour rien. Si les jolies filles aiment ce qui brille et ce qui est hip.

Si ce n'était pas pour les femmes, le monde serait une masse de types qui empestent sur leur canapé. A bouffer des pizzas devant la télé.

Le monde moderne a été construit par les hommes, mais il l'a surtout été pour les femmes. Pour leur plaire. Pour qu'elles acceptent de bien vouloir partager leurs vies avec nous. Surtout les plus jolies.

Et les tribus et les sociétés les plus prospères sont celles dont les femmes ont été les plus exigeantes. Qui ont forcé les hommes à vraiment se dépasser.

Celles qui refusaient de sucer qui que ce soit tant qu'elles avaient froid la nuit. Et pour qui il a fallu inventer le feu.

Les Vénitiennes du XVIè siècle. Les Hollandaises du XVIIè. Les Françaises du XVIIIè. De vraies emmerdeuses, à en croire tous les écrivains de ces époques. Vous savez à quel point ça pouvait vous casser les couilles, une comtesse du XVIIIè? Périodes de grandeurs.

Au contraire regardez la plupart des pays arabes. Les femmes y sont dociles. Soumises. Et ils sont à la traîne.

Tout ça jusqu'aux Américaines du XXIè siècle.

Mais celles-là, elles posent problème.

Pas parce que leur exigence est désormais celle de leur indépendance. C'est comme ça dans tous les pays un peu évolués.

Pas non-plus parce qu'elles demandent l'égalité. La parité. A travail égal salaire égal. Bien sûr.

Le problème c'est que certaines se croient tellement dans leur bon droit qu'elles se mettent à formuler des exigences complètement délirantes. Et du coup elles nuisent à toutes les autres.

Dernier exemple en date: l'équipe de foot féminine US. Elles veulent être payées autant que leurs homologues masculins figurez-vous. Question de parité.

Leur argument: elles ont été en finale de la Coupe du Monde (vous n'étiez probablement même pas au courant) et n'ont gagné que 2 millions de dollars. Alors que les finalistes hommes ont pris 35 millions.

Audience de la finale homme: 1 milliard de personnes. 23 millions pour les femmes. 50 fois moins. Elles s'en sortent pas trop mal. Faut pas déconner.

Vous voyez, c'est tout le problème aux US. Et ce n'est pas qu'un problème de certaines femmes mal intentionnées.

Beaucoup se servent de la tyrannie du politiquement correct pour favoriser leurs petits intérêts très particuliers. Et ils nuisent à tous les autres.

Ces joueuses de foot, personne ne regarde leurs matchs. Mais elles assimilent leur cas à celui de toutes les autres femmes. Et même de toutes les autres "minorités". Elles en font une question de parité. 

Et contribuent ainsi à faire apparaître les revendications de toutes les autres femmes et minorités comme moins légitimes.

C'est comme ça pour tout aux States.

Les grandes causes, on ne les laisse jamais tranquilles. Il faut toujours que le politiquement correct s'en mêle. Et viennent les dénaturer.

Le politiquement correct, c'est quand des gens mal intentionnés montent une grande cause en épingle. 

Ils s'en servent comme d'une occasion pour juger le reste du monde, du haut d'un trône de moral qu'ils se construisent eux-mêmes.

Mais aussi pour servir leurs petits intérêts particuliers. Au détriment de ceux qui comptent vraiment. Comme ces joueuses de foot, qui pour la plupart ne ressemblent même pas à des femmes.

C'est comme ça que raconter des bobards à une fille pour arriver à ses fins est devenu du viol. Au même titre qu'un vrai viol.

Une fille s'est laissée enculer par un type qui se disait fils de milliardaire. Elle s'est sentie trahie après s'être aperçue qu'en fait il n'avait pas un rond. Alors elle a crié au viol. 

Et il ne s'est trouvé personne pour lui dire "non non cocotte, c'est pas un viol ça, c'est juste la vie". Parce que ce serait pas politiquement correct de dire ça. En fait ce serait le meilleur moyen de se faire taxer de "défenseur du viol". Sûrement pour le reste de sa vie.

Des cas comme ça il y en a des centaines aux States. Des Noirs qui détournent les discriminations liées à leur communauté pour favoriser leurs petits intérêts particuliers. Des gays ou des trans qui font pareils. Etc.

Et personne pour oser leur dire quoi que ce soit. Parce que ce serait pas politiquement correct de faire ça. Ce serait prendre le risque de se mettre à dos des milliers de personnes qui feront tout pour saboter votre vie.

Et c'est comme ça qu'à force de n'importe quoi on en arrive à créer des monstres. Comme Trump.

Comment j'en suis arrivé à Trump, après avoir commencé par les jolies filles qu'on regarde marcher dans la rue? J'en sais rien.

Mais c'est comme ça aux US en ce moment. Ce type est une obsession. Celui dont tout le monde parle. Depuis des mois. Et qui embarrasse au moins la moitié du pays. Moi-même je suis dans l'embarras, croyez-moi. Et je suis même pas Ricain.



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29.3.16

Le geek et le berbère


A priori rien de commun entre l'art et la technologie.

rockstar


Le poète transporté vers l'infini en scrutant le ciel ne ressemble pas au geek qui se gratte les couilles entre deux lignes de code.

Rien de commun non-plus entre la rockstar héroïnomane ou l'écrivain dandy et l'entrepreneur du web un peu autiste.

Pourtant l'art et la technologie c'est pas si différent que ça. En fait c'est très similaire. C'est même presque pareil.

Parce que ce sont les deux moyens que l'homme a toujours eu pour améliorer sa condition. De rendre sa vie plus sympa. Ou supportable. De façon collective.

Ca fait parti des trucs que j'ai compris dans le désert.

Vous savez, je viens de passer une semaine dans le Sahara. Et c'est fabuleux de s'imaginer comment vivaient les peuples qui ont toujours vécu là-bas. Les Berbères. Les Bédouins. Tous leurs copains.

Ils passaient leur vie à marcher sous un soleil de plomb. Au milieu de rien. Le néant total. Que du sable brûlant aux alentours. Sur des milliers de kilomètres. C'est à devenir fou.

Alors le seul moyen d'échapper à leur condition c'était par l'imagination. En se transportant ailleurs. Se libérer du rien, par l'esprit. Par l'art.

Et leur créativité s'est exprimée en musique. Dans leurs vêtements. Leurs contes. Leurs armes aussi.

La journée ils vivaient dans le vide d'une fournaise infernale. Mais la nuit ils voyageaient à travers le cosmos.

Et c'est pareil pour nous. On vit souvent dans un néant de sens. "Sens" comme dans "ce qui a du sens", et comme dans "sensoriel" aussi.

Beaucoup d'entre nous passons des journées entières à accomplir un travail qui nous rend au mieux indifférent. A errer à travers nos vies comme des fantômes qui n'ont de prise sur rien.

Alors on écoute des chansons en fermant les yeux. On regarde des films en fumant des pétards. On va au musée ou on lit des livres et ça nous transporte ailleurs. Pour un moment.

Et ça a toujours été ça, la fonction de l'art. Élever l'esprit vers autre chose. Dépasser notre condition. Nous faire oublier la vie et la mort. Pour un moment.

Et c'est pareil pour la technologie.

La technologie ça a toujours le moyen pour nous d'améliorer notre condition.

De façon concrète et matérielle, en augmentant notre confort de vie. En optimisant notre production.

Et de façon existentielle aussi. En nous faisant avancer. En construisant. Construire collectivement un futur et oublier celui, moins excitant, qui nous attend tous individuellement.

Le berbère n'avait que l'art pour échapper à sa condition. Mais s'il avait pu planter des tomates il aurait planté des tomates. Comme tout le monde. Et il aurait terminé par construire des immeubles et des voitures et des hôpitaux. Comme tout le monde.

L'art. La technologie. Deux façons d'améliorer le présent. De remplir le vide. De donner du sens à la vie.

Et ce qui est vraiment cool c'est qu'aujourd'hui les deux s'entremêlent de plus en plus. D'un point de vue esthétique au moins.

Le design des interfaces est le facteur indispensable à une utilisation de masse.

Et l'utilisation de masse permet la récolte des données, matières premières d'aujourd'hui et surtout de demain.

Le design c'est aussi ce qui permet la visualisation efficace de ces données, leur compréhension, leur interprétation. C'est ce qui leur donne de la valeur.

Alors un peu d'art s'immisce dans la technologie. De plus en plus. Et plus seulement pour "faire joli" comme du temps d'Andy Warhol. Mais pour y prendre une place centrale. Tout le long de la création de valeur.

Et peut-être que les deux choses les plus précieuses de l'humanité ne font-elles que commencer à ne faire qu'un?


"Just a little something to help to keep you high"


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18.3.16

Voyager dans le temps


Vous pensez que dans un futur très lointain, on aura inventé le voyage dans le temps?

En théorie c'est possible. Dans les deux sens. Vers le futur et dans le passé. Donc a priori, si c'est possible on finira bien par l'inventer. Non?

Mais alors vous pouvez m'expliquer pourquoi on n'a jamais reçu de visite de personne venant du futur?

Plusieurs explications existent.



Certains pensent que ces touristes du futur choisissent de rester indétectables.

Parce que s'ils influaient sur notre présent ils créeraient des paradoxes dangereux qui risqueraient de tous nous foutre dans la merde. Par exemple si un de ces touristes tuait un de ses ancêtres.

Quel bordel.

Ils restent donc de simples observateurs prudemment cachés dans l'invisible.

D'autres croient que les voyages dans le temps seront très chers. Ils impliqueront de se télétransporter sur une échelle galactique, et même dans le futur c'est pas donné.

Donc peu de voyages seront effectués. Et notre époque n'étant pas si intéressante que ça, elle pourrait bien ne pas en valoir le coût.

Autre possibilité: voyager dans le temps nécessitera d'établir une communication entre deux points de l'espace-temps. C'est-à-dire que le touriste du futur devra communiquer avec l'époque qu'il souhaite visiter avant d'y voyager.

Une machine permettant cette communication n'ayant pas encore été inventée, les habitants du futur ne peuvent visiter notre époque. Et la date à laquelle cette machine sera inventée sera la première à pouvoir être visitée.

Dernière explication: voyager dans le temps crée une chronologie, une réalité, parallèle à l'original. Justement pour éviter le paradoxe du couillon qui assassine son grand-père.

Et si on considère que nous sommes dans l'original, et bien il nous apparaitra toujours que le voyage dans le temps ne s'est jamais passé. Parce qu'ils n'existent que dans la chronologie parallèle.

Et puis peut-être l'explication la plus probable. Nous n'avons pas reçu de visite d'humains du futur. Et c'est la preuve qu'ils auront disparu avant d'avoir inventé une telle technologie.

Enfin. C'est le genre de trucs auxquels je pense quand j'arrive pas à m'endormir.


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